Accélère ton développement personnel

Doit-on suivre Anthony Robbins ?

cowboy
Inutile de présenter Anthony Robbins, la méga star des coachs américains. Traduit dans la plupart des langues lisibles, ce grand motivateur de foule a influencé une génération entière de chercheurs en développement personnel. À la manière des grands prédicateurs évangélistes, les shows d'Anthony Robbins sont un brillant mélange de discours dynamisants et de conseils en leadership très imagés. C'est certain, on ressort de ses meetings regonflés à bloc, mais une question se pose néanmoins : est-ce que la méthode d'Anthony Robbins est vraiment adaptée au mode de fonctionnement psychologique des français?

La conquête de l'Ouest


L'histoire des grandes nations a toujours sculpté la conscience de ses sujets. Dès le début de sa colonisation par les blancs, l'Amérique du Nord fut le symbole de l'aventure, de l'espoir en une vie meilleure et de la réussite sociale potentielle.

La plupart des explorateurs ainsi que tous ceux qui n'avaient plus rien à perdre sur le vieux continent européen, tentèrent leur chance dans le Nouveau Monde, comme on l'appelait alors.

Autant dire qu'il fallait une bonne dose de courage et sans doute un peu de folie pour accoster sur les rives de l'Eldorado. Tout Américain porte en lui la marque ancestrale de cette époque dangereuse où seuls les plus motivés et les plus solides purent survivre.

Positifs et déterminés


Je ne vais pas m'étendre sur l'évolution de l'économie américaine ni sur les conflits militaro-politiques auxquels participent les États-Unis depuis plus d'un siècle.

Ce qui m'intéresse, c'est plutôt d'observer que les méthodes de coaching à l'américaine ressemblent à s'y méprendre à celles que les premiers colons reçurent des pasteurs évangélistes échappés du vieux continent.

Sans cet apport constant de dynamisme, de positivisme et de déterminisme, jamais les cow-boys n'auraient pu tenir autant de temps sur les terres arides des Indiens.

Il fallait motiver les troupes et se serrer les coudes par tous les moyens possibles. Les shows d'Anthony Robbins sont un bel exemple des restes de cette époque où l'on ne s'embarrasse pas du détail du moment que le bonhomme est encore debout, prêt à monter à l'assaut de sa vie.

Bomber le torse, faire sa meilleure mine, et foncer droit devant, telle est la recette du coaching à l'américaine.

Et nous autres dans tout ça?


Qu'on se comprenne bien, j'aime beaucoup Anthony Robbins et j'adore les USA. Simplement, étant français de souche et connaissant bien mes contemporains ainsi que leur nature - disons pessimiste et un tantinet râleuse - j'émets de sérieux doutes sur l'efficacité durable des techniques de motivation des coachs américains.

En développement personnel, il semble important de tenir compte des préjugés et des tabous des populations sur lesquelles on intervient.

Pour donner un exemple décalé, vous ne pourrez avoir aucune influence particulière sur une peuplade africaine ou amazonienne reculée avec des discours assemblés pour des mentalités modernes. Dites à un chef amazonien : Say YES ! Give me five, man ! I want you are cool ! avec le sourire de chez Darty d'Anthony Robbins, et vous risquez de prendre une flèche au curare dans les fesses...

Saupoudrage ou essentialisme?


On reproche au développement personnel américain d'être superficiel. Ce n'est pas toujours faux, mais pas entièrement vrai non plus. Le problème à mon avis est que les phrases percutantes d'Anthony Robbins ne vont pas emprunter le même trajet dans le cerveau d'un Américain et celui d'un Européen.

Pourquoi? Tout simplement parce que ces deux peuples n'ont absolument pas les mêmes valeurs. Par exemple, aux USA, ceux qui gagnent de l'argent sont des héros, en France, ce sont des salauds. Aux USA, une vie sexuelle libérée est un signe de perdition, en France, c'est plutôt tendance...

Alors, doit-on suivre Anthony Robbins? Je dirai que ça ne fait de mal à personne de s’inscrire à de tels programmes de dynamisation et de recherche d'excellence dans la mesure où l'on n'oublie pas qui l'on est. À savoir un Européen qui vit dans une société où des valeurs très anciennes conditionnent sa manière de gérer l'information et l'influence venant d'autrui.

Mais rien ne vous empêche de vous pointer à votre prochain conseil d'administration avec le chapeau de John Wayne sur la tête, pour voir... :-)