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Etes-vous prêt(e)?

regards
Ma grand-mère disait toujours, on n'est jamais prêt, on s'apprête ! Combien de fois dans une vie ne remet-on pas aux calendes un projet, un boulot ou un simple rêve sous prétexte de ne pas être prêt ou suffisamment expert en la matière ? Le regard des autres est souvent à l'origine d'une telle hésitation. Un frein dans la construction de notre bonheur, parce que nous avons l’horrible habitude de demander l'approbation du monde extérieur avant d'agir. Comme un vieux réflexe conditionné qui remonte à l'enfance, beaucoup ne concrétisent pas leurs désirs parce qu'ils ont peur de ne pas paraitre suffisamment compétents ou légitimes aux yeux des autres. En définitive, le regard des autres existe-t-il ou bien n'est-ce que la projection de ce que l'on pense d'abord de soi-même ?...

Le complexe de l'expert


Des complexes psychologiques, il y en a beaucoup. Certains sont très connus comme le complexe d'infériorité ou celui de castration, mais il en est un que beaucoup ignorent et dont une multitude de gens souffrent inconsciemment, c'est le complexe de l'expert.

Grosso modo, ce complexe s'applique à toutes les situations de la vie personnelles ou professionnelles dans lesquelles vous vous racontez à vous-même que vous n'êtes pas assez ceci ou cela, que vous n'avez pas suffisamment de ceci ou de cela. Résultat des courses, ce que vous prétendez désirer ou atteindre apparaitra forcément aux yeux des autres comme une escroquerie.

À partir de là, une forme très pernicieuse de culpabilité va s'établir à l'intérieur de vous et saper littéralement vos projets. Le regard des autres sera alors un bon prétexte pour ralentir et quelquefois faire machine arrière.

Pas assez beau ?


Dans le domaine de la séduction par exemple, les mecs sont toujours trop timides. Je le sais pour avoir souffert de ce blocage durant de longues années. Bonne nouvelle, ça se soigne avec un peu d'expérience sur le terrain et surtout beaucoup de travail sur soi.

Dans ce domaine, l'accompagnement m'a démontré qu'il est inutile de dire aux gens, allez vas-y, tu peux y arriver. Même si cette idée révolte, nous ne sommes pas tous égaux en matière de tchatche et certains sont mieux lotis que d'autres. C'est également vrai sur le plan physique.

En revanche, ce qui m'a personnellement le plus aidé dans mon parcours d'homme a été de découvrir que je souffrais moins de timidité que de perfectionnisme. La timidité c'est souvent un faux problème. Elle peut parfois masquer le besoin d'être toujours au TOP en tout. Et comme c'est rarement possible, la personne va s'empêcher d'exister et d'agir pour éviter le risque d'un échec qui mettrait en péril la très haute importance qu'elle s'accorde inconsciemment.

Donc, si vous voulez soigner votre timidité, cherchez du côté de l'humilité. Le regard des autres vous paraitra moins lourd puisque vous aurez baissé d'un cran dans l'exigence que vous vous imposez (et qu’on vous a forcément imposé un jour) et qui a pour origine un environnement parental dysfonctionnel à tous les coups...

Pas assez intelligent ?


Côté boulot, on en fait toujours trop pour avoir l'air plus intelligent ou efficace qu'on ne l'est. Le truc con, c'est que tout le monde s'en aperçoit à part vous. Les gens ne sont pas dupes. Si vous cherchez à être ce que vous n'êtes pas, ça se voit gros comme le nez au milieu de la figure.

Dans la vie professionnelle, le regard des autres compte beaucoup. Que l'on soit blogueur indépendant, cadre supérieur d'une grosse boite ou employé dans une quelconque administration, le souci de soi et de l'impression qu'on laisse aux autres est vital. C'est normal, cela conditionne notre bien-être et l'image idéalement positive que nous projetons sur notre évolution et notre avenir.

Or, lorsque survient le moment de changer de cap, d'entreprise ou de prendre le risque de se mettre à son compte, le vieux démon de l'approbation générale pointe ses cornes. Ai-je assez de connaissances en la matière, ne devrais-je pas suivre une formation supplémentaire, que va penser Jojo qui me connais si bien?...

Là encore, si l'on n'est pas vigilant, on risque de se décourager par peur du ridicule. Et cela ne s'arrangera si l'on tient compte également de l'ambiance générale foncièrement malveillante et médisante qui s'abat, en France particulièrement, sur toute personne qui a le courage d'entreprendre quelque chose. La meute hurlante et anonyme, dont on peut sentir la pestilence sur la plupart des forums d'internet, a de quoi vous faire froid dans le dos.

Pas assez d'expérience ?


L'intelligence est une chose, l'expérience en est une autre. Je me souviendrai toute ma vie de l'une de mes premières consultations, il y a fort longtemps, alors que je débutais dans mon activité de psychothérapeute.

Je n'avais pas trente printemps à l'époque - ce qui pourrait surprendre - et je recevais ce jour-là un vieux monsieur de plus de soixante balais qui me salua en entrant dans le cabinet en me disant "Bonjour jeune homme !"

Cette formulation me laissa sans voix et je me demandais bien ce que j’allais pouvoir apporter à cet homme qui aurait pu être mon grand-père. Qu'allait-il penser de moi? Chose curieuse, ce Monsieur avait déjà fait des thérapies, et mon jeune âge ne sembla pas lui poser le moindre problème.

Il commença à évoquer ses difficultés et je fis tout mon possible pour accueillir sa parole avec le plus de professionnalisme possible. À mon grand étonnement, mon client se mit à pleurer comme un petit enfant cherchant mon réconfort au-delà des âges, et je compris ce jour-là que mes doutes et mon expertise n'y feraient rien. L’être qui me faisait l'honneur de me consulter avait besoin que je sois là, simplement bienveillant et accueillant sa tristesse.

Le vieil homme est revenu plusieurs fois auprès du jeune homme et l'a chaudement remercié.

Pas assez, pas encore... ?


STOOOOOOOOOOOP ! Vous êtes très bien comme vous êtes !

Je ne doute pas que vous vous êtes formés ou renseignés avant de vous lancer. Il ne faut pas hésiter. Jetez-vous à l’eau et laissez la meute hurlante penser ou dire ce qu'elle veut. Même si vous faites des erreurs, vous aurez bien l'intelligence de vous améliorer en cours de route, non?

Et puis, une chose encore. Cela va peut-être vous choquer, mais je vous assure que les gens n'en ont vraiment rien à foutre de vous. Ils sont beaucoup trop occupés et embourbés dans leur merdier quotidien pour avoir assez de temps et d'énergie à dépenser en pensant à vous.

On surestime toujours l'importance que l'on a aux yeux des autres. Souvenez-vous-en lorsque vous serez au seuil d'une grande aventure.

Alors, escroc ou pas?


Oui vous êtes un escroc si vous attendez toujours d'être au top pour agir et réaliser vos rêves. Parce que les autres n'y sont pour rien, croyez-moi ! Et quel que soit ce qu'ils pensent de vous, c'est vous qui vous servez d'eux pour justifier votre timidité ou votre paresse.

Et non vous n'êtes pas un escroc si malgré les doutes, la peur et l'acceptation que rien n'est parfait, vous vous lancez et agissez quand même.

Rappelez-vous ce que disait ma grand-mère : on n'est jamais prêt, on s'apprête !

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Cet article a été rédigé dans le cadre d’un projet d’étude collective mené par Laurence Vignau du blog Happy soul et membre du site DevPerso.org.